L’été du Green Dragon

L’été du Green Dragon

10 décembre 2018 2 Par Annie Lacarin

Bonjour les amis. Voilà, comme demandé par Noël, le détail de nos pérégrinations cet été.  N’hésitez pas à laisser vos commentaires ou nous poser vos questions…

Nous sommes donc allés d’Atalayoun au Maroc à Galaxidi en Grèce (environ 1600 milles) pour y passer l’hiver en ne payant pas de port ou presque. Partis le 18 Juillet, nous sommes arrivés à Galaxidi le 21 Octobre par le chemin des écoliers. Nous avons essayé ici de vous donner rapidement le circuit, les mouillages et les ports (nous nous sommes arrêtés 36 fois), leur coût et quelques indications. J’espère ne pas avoir été trop longue… Bonne lecture

Introduction

Nous avons passé l’hiver 2017/2018 à Atalayoun, une petite marina du Maroc méditerranéen  à côté de l’enclave espagnole de Melilla. Elle était en construction et nous avons bénéficié ponctuellement d’une gratuité totale qui a bien soulagé notre porte-monnaie. Nous y avons passé de merveilleux moments partagés avec des amis marocains qui nous ont accueillis chez eux avec une gentillesse rarement rencontrée. Une petite vidéo de souvenir vous donnera l’ambiance Nous avons pu ainsi résider à Fès, Marrakech, Figuig… Ils nous ont permis de partager leur vie, leurs espoirs et leurs rêves. Mais la mer nous appelait et nous sommes repartis le 18 Juillet.

1ère étape : Mare Menore

18/07 D’Atalayoun (Maroc) à Melilla (Enclave espagnole) 4,1 Mn ( prix du port 9,86€)

Aller à Atalayoun

La toute première étape s’est passée très vite le 18 Juillet, puisqu’il s’agissait de faire le plein de carburant à Melilla, enclave espagnole située à 4 miles d’Atalayoun. Nous avons navigué paresseusement à la voile, le coeur un peu gros de quitter tous les amis que nous étions faits sachant qu’il y a peu de chance que nous les revoyons. Partis vers 12h nous sommes arrivés vers 16h pour faire le plein de gasoil (0,85€ le litre… hé oui) et le plein de vivres. Enfin un peu de vin et de charcuterie… En aparté, si nous vous avez l’occasion de passer par là en hiver, le port est très peu cher (9,86€ la nuit pour un 15m avec eau et électricité) et notre carénage s’y est fait avec une levée à 97 euros (même prix pour la remise à l’eau) et 3€ par jour à terre. Tous les produits étaient disponibles à un prix avantageux. Des techniciens de bon niveau nous ont aidé à changer le presse étoupe et à réaligner l’arbre d’hélice. Si vous revenez depuis la France pour rejoindre un bateau, pensez plutôt à arriver par l’aéroport de Nador (Maroc) avec des allers/retours à moins de 25€ depuis Marseille (Passeport obligatoire mais pas de visa).

19/07 De Melilla à La Manga (Mare Menore, Espagne) 192,7 Mn gratuit

Le lendemain nous prenions la mer définitivement vers 9h45 avec comme destination un mouillage à proximité du port de Thomas Maestre au-dessus de Cartagène.

Partis avec un grain, nous avons passé notre première nuit en mer avec un peu d’agitation car nous coupions 2 rails qui convergeaient vers Gibraltar. Nous nous sommes retrouvés vers 3h du matin environnés d’une quarantaines de bateaux de gros tonnages dont 2 nous ont vraiment frisé les moustaches : moteur en prise pour la sécurité. Le soleil levant et le vent nous ont permis de remettre les voiles et d’arriver paisiblement à notre destination vers 20h à la Manga après 193,4 mn

Ancien port caché de Thomas Maestre

Thomas Maestre est à l’entrée de Mare Menore. Cette petite mer intérieure est accessible  par un canal surmonté d’un pont basculant qui s’ouvre toutes les heures ou toutes les 2 heures pendant 10mn. Et bien sûr en arrivant, nous sommes accostés par le bateau de la douane qui nous retient juste le temps que le pont se ferme. Il était 20h, dernière ouverture 22h et nous n’étions pas sûr qu’il y ait une ouverture à 21h. C’est alors qu’un copain, Michel, qui nous avait précédé nous appelle avec sa VHF (qui pour une fois a bien voulu fonctionner) et nous indique qu’il avait trouvé une zone de mouillage bien protégée juste avant le canal. Un mouillage idéal pour attendre l’ouverture du pont ! Bon les palplanches métalliques qui l’environnent sont bien rouillées, mais il y avait aucun bateau hors celui de Michel et un accès direct à la ville par annexe avec restaurants agréables et wifi, marchés et supermarchés… Génial et gratuit. Juste bien suivre la ligne de fonds et aller jusqu’au bout de cet ancien port

Nous y sommes restés 4 jours en attendant des vents favorables pour partir sur les Baléares

2éme étape : Les Baléares

24/07 De La Manga à Sant Antoni de Portmany (Ibiza) 130 Mn mouillage gratuit

Eau et huile moteur vérifié, niveau d’eau, de gasoil et d’électricité noté, la fermeture des tiroirs des vannes et des filets effectuée, nous partons tranquillement vers 11h le 24 Juillet vers l’île d’Ibiza. Destination la baie de Sant Antoni de Portmany à 130 miles au 50°

Un vent au portant 12, 13 Noeuds nous permet d’avancer assez vite avant les calmes de la nuit et comme de juste nous finissons au moteur sur une mer d’huile. Vers 9h30 nous mouillons notre ancre devant le restaurant « Café del Mare » dont nous relevons le wifi et utilisons le ponton. Attention si vous dépassez la digue du port vous trouverez bien des bouées en été mais à 50€ sans eau ni électricité. Nous avons choisi de mouiller avec une belle flopée de bateau AVANT la digue… 

Mouillage à Sant antoni

Entre temps nous avons perdu Michel dont la radio ne fonctionne toujours pas. Il nous rejoint le lendemain et nous fait découvrir des petits restaurants délicieux à 9€ dans les petites rues derrière la plage. Le soir une nuée de bateaux nous rejoint pour bénéficier depuis la mer des spectacles donnés sur la berge.

27/07 De San Antoni de Portmany à Cala Portinaxt (Ibiza)  15,8 Mn mouillage gratuit

Le 27, nous levons l’ancre vers 15h et nous nous promenons (au moteur) sur 15 miles jusqu’à la Cala de Portinaxt où nous jetons l’ancre dans une eau d’une limpidité géniale. Nous y avons filmé le spectacle exceptionnel de l’éclipse totale de lune (la lune rousse) et d’une planète Mars rouge et resplendissante.

28/07  De la Cala Portinaxt à Santa Ponsa (Majorque)  50,9 Mn mouillage gratuit

Le lendemain, 28 Juillet, départ à 8h pour la baie de Santa Ponsa à 66 miles sur l’île de Majorque où nous arrivons vers 18h après une délicieuse navigation au spi.

C’est une baie bien protégée où mouillent les bateaux arrivant ou partant pour Ibiza. Seuls les vents d’Ouest peuvent entrer. Nous y avions résidé pendant 3 mois l’été dernier pendant que Dominique installait 2 nouvelles cuves à Gasoil. L’ancien réservoir rouillé polluait nos filtres et bloquait le fonctionnement du moteur. Nous l’avons rénové à Atalayoun par un traitement à l’acide phosphatique acheté chez Filosec à Mauguio (près de Montpellier) et véhiculé par un ami plaisancier (voir notre article “Carburant : bactéries et rouille, même combat” ) A 500m de la plage un supermarché Eroski nous permet de faire nos courses. Une zone industrielle à 4km offre toutes les facilités. Nous y allons en nous promenant à pied ou en patinette. Notre point de chute est surtout Yacht Center (contacter Thierry qui parle français au +34 971 69 06 84) qui a tout ce dont un plaisancier a besoin. Michel, lui s’est arrêté chez un voilier au début de la zone pour y faire réparer sa grand voile. Attention les fonds ne tiennent pas très bien dans la baie et notre poids de chaine nous a beaucoup servi (à voir chez Croix du Sud Marine). Quand le temps se gâtait nous rejoignions Palma et la Marina la Lonja (whatsApp : +34 629 75 79 44) qui se trouve juste devant la Cathédrale et qui loue en semaine les places libres de ses bateaux de location (environ 80€ tout compris par jour en Aout pour un 15m). Une autre adresse à retenir (outre Yacht Center Palma à l’entrée des marinas) c’est Hidraulica (si cela vous intéresse nous passer un mail et nous chercherons la facture). Il nous ont réparé en quelques minutes une durite de notre vieux groupe électrogène. Palma est une très belle ville offrant de très beaux sites à visiter, nous recommandons !

Ah ! Au fait c’est aussi en arrivant à Santa Ponsa que nous nous sommes pris des cordages dans l’hélice

10/08 De Santa Ponsa à Cala Sant Vincent (Majorque)  49,7 Mn (mouillage gratuit)

Enfin le 10 Aout, Michel ayant récupéré son fils à l’aéroport nous repartons pour la baie de Sant Vincente avant de rejoindre Minorque.

13/08 De la Baie de Sant Vincent (Majorque) à Cala Binibeca (Minorque) 55,5 Mn (gratuit)

Minorque 2

Le 13 Aout nous doublons le nord de Majorque sous un vent de 25 Noeuds et une mer plutôt agitée qui nous fouette le sang mais qui se calme très vite et nous arrivons à Binibeca, zone de mouillage bien abrités, sécure et gratuite. Bien vérifier sa ligne de mouillage car les rochers sont assez près. Par contre impossible de faire de l’eau à un prix raisonnable ou d’envisager de faire le plein de gasoil et les bouées sont toutes attribuées.

3éme étape : La Sardaigne

15/08 De Cala Benibeca (Minorque) à Porto Calasetta (Sardaigne) 198 Mn 91€

Le 15 Août, alors que nous projetions de visiter port Mahon, le fils de Michel nous convainc de partir le soir vers la Sardaigne malgré la fin d’une période de Mistral. En effet la nuit va être assez agitée avec une houle de travers presque sans vent. Une fois bien sortis de l’ombre de Minorque nous réussissons à prendre un petit vent au grand largue et enfin nous mettons le SPI. Nous rattrapons le 17 au matin, aux portes de la Sardaigne, Michel et Guilhem partis 5 heures avant nous. Michel avait mouillé dans un petit port de pèche il y a quelques années. Nous luis emboitons le pas (ou plutôt nous suivons sa vague) mais là,  surprise, le petit port de pèche s’est transformé en port touristique où nous allons être assommés : 91 € pour la nuit. Nous en profitons pour refaire le plein d’eau et de gasoil. Notre réserve de carburant a été mis à mal par les grandes périodes de calme que nous avons rencontrés. A 1,48€ cela nous semblait cher, mais nous n’avions rien vu car nous allons rencontrer pire en Sicile. En tout cas c’est le seul port que nous avons payé en Sardaigne.

19/08 De Porto Calasetta à Carloforte (Sardaigne) 3,7 Mn port gratuit

Nous sommes partis dès le lendemain matin pour le port d’en face, Carloforte qui nous offrit un quai municipal gratuit, sans eau ni électricité, mais une bonne tenue au quai. Coincé entre le port des ferry et la marina, nous nous avons eu le plaisir de rencontrer d’autres plaisanciers qui revenaient de Grèce et qui nous ont donné tous leurs « tuyaux ». Partis pour  Trizonia nous étions en train de remettre en question notre destination quand l’émergence de nouvelles taxes dispendieuses nous est arrivée aux oreilles. Ces personnes nous ont tout de suite rassurées. Les marina grecques ont soulevé un tel tollé que la loi sur les nouvelles taxes n’a jamais été appliquée. Nous le vérifierons en arrivant à Corfou.

En attendant nous essuyons orage sur orage (un par jour) ce qui a beaucoup perturbé notre visite de l’île.

20/08 De Carloforte à Cala Zefferano (Sardaigne) 29,1 Mn mouillage gratuit

Partis paresseusement pour longer la côte sud de la Sardaigne sous un grand soleil, nous rencontrons quelques bateaux de plongeurs très mal identifiés que nous évitons à la dernière minute.

Ce plaisir d’une voile paisible ne dure qu’une demie journée. Nous déchantons dans d’après-midi. Nuages, puis orages avec fortes bourrasques (la météo les prévoyaient beaucoup plus tard). Nous voulions nous mettre à l’abri à la Cala Piombo. En arrivant nous constatons qu’il s’agit d’une zone militaire interdite. Nous poussons un peu plus loin et après le petit cap nous entr’apercevons une dizaine de voiliers qui se serrent dans une petite calanque aux fonds de sable fin. Nous y déposons notre ancre avec délice. Après une soirée sympa, le lendemain matin nous décidons de faire une promenade à terre où une vieille tour datant du 13 siècle a été restaurée et domine la baie. Nous voyons bien qu’il y a quelques panneaux sur la berge (écrits en italien) que nous évitons pour prendre une route bien goudronnée qui mène à ce point touristique. Jolie balade. Mais depuis notre point d’observation nous voyons arriver une vedette militaire et les voiliers lèvent l’ancre un à un. Le temps de redescendre de notre perchoir (bien 3/4h  de marche) nous sommes accueillis par les militaires qui nous passent un savon. C’est un terrain d’entrainement réservé aux armées européennes et des munitions non éclatées peuvent être dangereuses. Nous remontons vite à bord et levons l’ancre sous le regard vigilant de l’armée italienne.

21/08 De Zefferano à Porto Teulada (Sardaigne) 4,3 Mn mouillage gratuit

Petite baie très encaissée avec un petit port de plaisance et au fond un second port pour les petits bateaux moteur. Nous nous ancrons et profitons d’un reste de soleil avant l’orage pour faire quelques brasses jusqu’à la plage. Dans la soirée le dinghy de la marina vient nous racoler pour entrer au port. Malgré une dure négociation, ils refusent de descendre en dessous de 70€. Nous refusons. Nous nous sentons bien abrités du large et la nuit bien qu’un peu tumultueuse nous donne raison.

22/08 De Porto Teulada à Porto Piccolo (Sardaigne) 32,7 Mn mouillage gratuit

Le lendemain nous avons enfin une navigation sereine jusqu’à Cagliari. Nous mouillons devant la station balnéaire de Piccolo. Nous en profitons pour prendre le bus et visiter cette ville séculaire et très intéressante. Nous nous sentions bien protégé de vents dominants du Nord et de l’Ouest, mais les orages sont en partie imprévisibles et c’est un fort vent du sud qui a soulevé un houle intense et désordonnée. Notre bateau est lourd et a bien supporté les 2 ou 3 mètres de vague et de ressac. Bien calés au fond du bateau nous avons attendu que cela se passe. Michel dans son 8 mètre a préféré se mettre à l’abri dans la petite marina qui nous tendait les bras (100€ la nuit, 50 pour Michel… nous avons préféré refusé).  Le 26, Guilhem prenait l’avion pour la France, abandonnant Michel pour la traversée vers l’Italie.

27/08 De Porto Piccolo à Cala Di Carbonara (Sardaigne) 16 Mn mouillage gratuit

Quelle charmante étape avant d’aller vers l’Italie ! Une eau limpide, des sable blonds. Un petit pépin toutefois, notre ancre restait coincée dans son davier probablement malmené par la petite tempête d’orage. La mer était si calme que nous avons pu réparer tranquillement  en posant au fond notre ancre de secours.

4éme étape : La Sicile

28/08 De la Cala Di Carbonara (Sardaigne) à Trapani (Sicile) 158,5 Mn mouillage gratuit

Parti à 6h le matin nous sommes arrivés le lendemain vers 17h. Pas un brin de vent malgré une brise annoncée. Moteur, moteur, moteur… et houle insistante de travers. Heureusement que nous avons un pilote automatique très robuste, sur un réseau hydraulique qui résiste bien à la houle. Le problème est que la pompe fonctionne en permanence et la consommation d’électricité est dantesque (de l’ordre de 12 à 15 ampère heure). Nous ne pouvons pas l’utiliser sans moteur sinon nous mettons à mal nos batteries de service. Le panneau solaire n’est d’aucune utilité la nuit. Nous le mettons en général pour manger à midi et une partie de la nuit… si nous mettons le moteur.

Toujours est-il que nous avons fini par perdre Michel de vue et nous étions inquiets. Il nous semblait qu’il n’avait pas beaucoup de réserve de carburant et nous projetions déjà de faire demi-tour pour aller à sa rencontre. Et puis dans le lointain nous avons vu qu’un des gros porte-containers qui suivait son rail se déroutait franchement avant de reprendre sa route… Nous nous sommes mis à rire en remerciant le ciel que les cargos soient vigilants. Il était évident que Michel s’était endormi à la barre et qu’un navire de gros tonnage s’était dérouté pour laisser passer cette petite voile qui se balançait dans le soleil naissant

Trapani

Trapani, notre porte de la Sicile. Tellement de choses à voir en Sicile et si peu de temps avant que le mauvais temps d’automne nous immobilise. Ancrés dans l’avant port bien protégé nous avons écumé les petits restaurants délicieux et abordables qui se trouvent au fin fond du port. Nous y avons rencontré des allemands qui étaient restés pendant 15 ans en Turquie pour faire le charter entre la Turquie et la Grèce. Ils revenaient en Europe après que les conditions pour rester en Turquie se soient durcies. Pendant leur séjour, ils étaient régulièrement sortis des eaux nationales turques pour visiter la Grèce sans avoir le moindre problème de transit. Il leur suffisait de faire ce chemin au moins une fois par trimestre. Mais voilà, maintenant les autorités turques demandent qu’une durée de 3 mois soit respectée entre une sortie du territoire et une nouvelle entrée… donc exit les plaisanciers européens qui se sont rabattus sur la Grèce…

Club Med 2

Au fait, nous avons rencontré le Club Med 2 à Trapani, quel magnifique voilier !

01/09 De Trapani à Castellammare de Golfo (Sicile) 30,7 Mn mouillage gratuit

Partis avec un vent arrière, nous avions installés nos voile en ciseau et nous remontions la côte sicilienne vers le Nord (nous voulions voir les éoliennes et Messine) quand en doublant le cap de San Vito nous avons été violemment rabattus par un vent d’ouest en plein empannage. Heureusement notre frein de bôme a bien fait son office, mais l’écoute de Génois s’est envolée et s’est coincée derrière le davier et sous le bateau. Ralentir par vent grand largue à 25 Noeuds avec peu de mer à courir n’est pas facile. Dominique a simplement lentement enroulé le génois jusqu’à ce que l’écoute soit à portée de main, puis dénoué le noeud de huit qui était resté à poste sur la réa avant le winch et enfin sorti cette maudite écoute de dessous du bateau. Heureusement nous étions à la voile et non pas au moteur.

Par la suite, à chaque virement ou empennage sous vent violent nous avons appris à maintenir sérieusement l’écoute sous le vent jusqu’à ce que la nouvelle orientation des voiles soit établie. Cela nous a bien servi quand entre La Calabre et Corfou nous avons dû réduire les voiles sous force 8.

Bien sûr nous avons perdu Michel ce jour là et ne l’avons retrouvé qu’à Palerme.

Castellammare de Golfo ne nous a pas vraiment convaincu malgré qu’un son et lumière nous ait été proposé. Nous l’avons suivi difficilement depuis le bateau. Un conseil tout de même. A la nuit tombée les voiliers se replient juste derrière la digue du port où il est possible de passer une nuit tranquille.

02/09 De Castellammare de Golfo à Arenella (Palerme) 31,2 Mn mouillage gratuit. Une nuit de port à 50€

La baie de Palerme est magnifique et nous avons trouvé un mouillage sympa entre deux marinas Arenela et Igea. Seule une houle  de Nord Est peut être perturbante. Nous y sommes resté une dizaine de jour pour visiter Palerme, sa cathédrale et son sanctuaire de Sainte Rosalia, sa patronne. Un bus situé à  100 mètres de la Marina d’Arenella nous permettait d’être en centre ville en une dizaine de minute. Nous n’avons eu aucun problème pour trouver sur internet les horaires et les trajets de bus sur Google Map. Les bus étaient strictement vérifiés par des contrôleurs qui ont été charmants et nous ont guidés dans nos circuits. Que de longues promenades le soir dans des rues devenues piétonnes où tout Palerme se promenait. Mais peut-être étions nous arrivés à la bonne période (fête de Sainte Rosalia). Nous sommes partis juste avant la visite du Pape (Les mesures de sécurité et l’affluence prévues nous ont un peu refroidis)

C’est à Palerme que j’ai enregistré mon premier webinaire. Nous étions rentrés dans la marina Arenella pour faire le plein d’eau et de vivres. Prix négocié 50€.

11/09 D’Arenella (Palerme) à Termini Imerese 20,5 Mn mouillage gratuit.

Nous nous sommes mis à l’abri juste à l’entrée du port derrière la digue. Le temps de débarquer pour faire un petit tour au supermarché du coin grâce à un français de passage qui nous a proposé de nous emmener. Au retour à pied nous nous sommes retrouvés trempés de la tête aux pied par une pluie d’orage glacée. Michel avait laissé ses hublots ouverts… L’avantage, c’est qu’une fois trempé nous n’avions plus qu’à danser sous la pluie et la mer nous a paru vraiment chaude.

12/09 De Termini Imerese à Cefalu 16,6 Mn mouillage gratuit.

Cefalu est un petit port un peu à l’écart de la vieille ville. En Septembre aucun problème pour jeter l’ancre près de la plage. 2 ou 3 bateaux nous y ont rejoint pendant la nuit. Nous avons gardé la journée du lendemain pour visiter cette bourgade médiévale pittoresque que nous recommandons de visiter. Par contre, ayant peur d’être à court de carburant nous voulions prendre 100 litre de gasoil. En fait le pompiste s’est trompé (?) et nous en avons eu pour 400€ à 1,85€ le litre. Nous étions furieux.

5éme étape : Les îles éoliennes 

14/09 De Cefalu à Vulcano (Porto di Ponente) Iles Eoliennes 49,4 Mn mouillage gratuit.

Délicieuse navigation avec 15 noeuds de vent en continu. Tout était parfait. Le vent, la mer, le soleil. Et les iles Eoliennes sont magnifiques. Les fumerolles s’échappent du volcan en activité qui surplombe les 2 petites baies donnant sur l’Ouest et sur l’Est. Arrivés avec un vent d’est, nous nous sommes ancrés à l’ouest. Mal nous en a pris car le vent dominant d’ouest s’est levé dans la nuit donnant un peu de houle dans le mouillage.  J’ai beaucoup regretté de n’avoir pas eu le temps de rester quelques jours pour gouter les bains de boue, les glaces aux câpres et les longues courses pour escalader les volcans. Pas très loin le Stromboli laissait échapper un peu de sa colère, mais personne ne semblait s’en soucier.

6éme étape : Le détroit de Messine

15/09 De Vulcano (Iles Eoliennes) à Messine 42,3 Mn mouillage gratuit.

Le vent semblait être pour nous. Aussi nous n’avons pu résister à l’envie d’une nouvelle belle navigation qui nous a porté jusqu’à Messine. Nous voulions d’abord nous arrêter à Milazzo pour calculer notre entrée dans le détroit. Mais quand nous avons vu le panache de fumée noire des usines de Milazzo (beaucoup plus intenses et puantes que celle des volcans) nous n’avons pu nous résoudre à nous arrêter.

Mouillage à Messine

Nous avons d’abord essayé de nous ancrer juste derrière le Cap Peloro. Il y a une petite plage derrière Torre Faro avec un peu de sable, mais la plage était noire de monde. Nous avons donc continué notre route pour rechercher sur la côte ouest un meilleur mouillage. Un autre essai s’est soldé par un départ précipité. Les fonds sont à pic (profondeur 50m à 30m de la côte). Et il faut s’approcher à quelques mètres des berges pour pouvoir s’ancrer. Et là, sous l’eau il y a des digues immergées très dangereuses. Nous avions à peine posé l’ancre que le courant nous déportait sur ces digues. Nous avons remis les gaz et relevé l’ancre. Michel sur ces entrefaites nous doublait et discutait avec un kayakiste avec quelques mots d’Espagnol et beaucoup de gestes. Ce respectable grand père très sportif nous a guidé au nord du port de Messine où une langue de terre peu profonde sert à amarrer une multitude de bouées pour les petits bateaux moteur. Nous avons eu aucune peine à nous ancrer face au courant. Des restau sympa et pas trop cher.

Pèche à l'espadon

Un supermarché par loin et une pompe à essence pour les voitures juste au-dessus de la plage (pas trop loin pour charger quelques jerricans).  Nous avons été “scotchés” par le spectacle sidérant d’une pèche à l’espadon au harpon sur des bateaux spécialement aménagés avec une longue passerelle à l’avant pour surplomber ces énormes poissons et une tour de guet en haut d’un mât  sans voile planté au milieu du bateau…

17/09 De Messine à Porto Salvo 26,3 Mn mouillage gratuit. Passage du détroit de Messine

Quand le temps est beau, le passage du détroit de Messine est très agréable. Il faut simplement bien calculer son coup et descendre le détroit à marée descendante. Pour cela c’est simple : demander sur internet :  https://maree.shom.fr/  sur le port de Messine (Messina) et vous avez les heures de Pleine mer (PM) et de de Basse mer (BM). Pour descendre le détroit du Nord au Sud (de Messine vers la Calabre) nous devons passer en marées descendante, soit environs 1h après la pleine mer. A la pleine mer ou à la Basse mer, la mer est étale et c’est là que se forment les tourbillons. Bien qu’ils ne soient plus aussi violents qu’aux temps antiques (merci aux secousses sismiques qui ont un peu transformer les fonds) Charybde (les tourbillons) et Scylla (les gros rochers devant la ville de Scilla) existent toujours. Pour remonter, c’est l’inverse : 1 heure après la basse mer, à marée montante. Il est évident qu’il faut éviter les moment de vents forts car le principe de Venturi s’applique pleinement et les accélérations le long des côtes peuvent même perturber les gros cargos.

Donc une heure après la pleine mer nous partons, les voiles en ciseaux dévalant le détroit à 7 noeuds avec un vent arrière très modéré. C’est vraiment enchanteur de se laisser ainsi porter par le courant. Arrivé en bas de la Calabre nous devons quitter ce courant porteur et nous continuons au moteur vers Porto Salvo.  Et fort de notre nouvelle expérience nous recherchons une langue de terre où sont amarrés les petits bateaux… et nous jetons l’ancre juste avant.

Juste un incident : une superbe grosses vedette moteur nous a secoué en passant à toute vitesse à quelques encablures de nos bateaux créant une très forte vague qui a envoyé valsé toute la cuisine qui n’était pas arrimée comme elle l’est en navigation… Merci les touristes moteur !!! Un médecin italien qui avait nagé depuis la côte jusqu’à notre bateau était particulièrement furieux.

7éme étape : La Calabre

18/09 De Porto Salvo à Bianco 22,5 Mn mouillage gratuit.

Changement de type de fonds. Après ces abysses qui nous faisaient rechercher des langues de terres alluviales le long des côtes, voici au contraire des côtes tellement engluées dans les alluvions que nous devons mouiller à près de 300m de la plage. Michel qui a un tirant d’eau plus faible s’est aventuré plus près et nous a dit qu’ils y avait des bancs puis de nouveau de la profondeur face à Bianco….  Mais méfiance, nous sommes restés au large avec une mer plutôt tranquille à peine houleuse.

19/09 De Bianco à Roccella Ionica 19,2 Mn mouillage gratuit.

Nous avons trouvé un joli coin juste avant la digue du petit port de Roccella Ionica. Une jolie plage de sable fin. Un port avec gasoil. Nous n’avons pas pu connaître le prix des places. Toujours est-il qu’après avoir fait le plein, 3 bateaux sont venus se mettre à côté de nous dans l’anse constitué par la digue du port. Le soleil était au rendez-vous et la mer d’huile… Un rêve.

20/09 De Roccella Ionica à Badolato 20,4 Mn mouillage gratuit.

En continuant à suivre la côte nous nous sommes arrêtés à Badolato pour se promener dans la nature. En été il y a des zones importantes dédiées aux villages de vacances. Mais là la saison était terminée et nous avons marché presque 4km avant de trouver le village. Encore avons-nous été pris en pitié par un habitant qui nous a emmené en voiture. Nous y avons bu la meilleure citronnade glacée que nous avons pu déguster en Italie. Il y a bien un petit port qui lutte vaillamment contre l’ensablement mais nous ne l’avons pas visité.

21/09 De Badolato à Catanzaro 14,7 Mn PORT gratuit.

Zorba

C’est à ce moment là que nous avons repéré la formation de l’ouragan Zorba. Nous avions vu sur Navily qu’il était possible de faire une pose gratuite d’un jour ou deux dans ce port de pêche de Catanzaro. Il y a bien une marina, mais elle est pleine de bateaux locaux.  Le quai des pêcheurs se trouve gauche de la marina. Ils nous ont très gentiment accueillis pendant que Zorba passait au large. Michel s’était mis à couple pour ne pas prendre la place des pêcheurs. Un autre bateau est venu se réfugier également quelques jours plus tard. Ils avaient traversé depuis l’Albanie en se faisant secouer comme des pruneaux avant même que Zorba ne soit établi.

Nous en avons profité pour prendre le train pour Cretonne que nous avons visité avec joie malgré un vent qui forcissait. C’est là que nous avons rencontré l’histoire de Pythagore, cet humaniste grec méconnu basant toute une philosophie sur les divines mathématiques. Sur le port de grands panneaux relatent les Jeu Olympiques antiques et leurs champions. Surprise : Pythagore est l’un d’eux : la tête ET les jambes !   

Nous recommandons le marché de Catanzano le jeudi, très alléchant et la longue promenade le long de la mer. Nous avons même pu aller au centre commercial qui se trouve à 5 km à pied en suivant la plage puis en coupant par les vergers. Il y a des bus, mais nous n’avons jamais pu connaître ni les horaires ni les arrêts.

30/09 De Catanzaro à Le Castella 19,3 Mn mouillage gratuit.

Quelle beauté que ce fort bâti sur l’un des sites qui aurait été visité par Ulysse. Il y avait une multitude de petites iles, enfouies sous la mer depuis, où aurait résidé la nymphe Calypso, amante du héro homérique (oui, je sais d’autres disent que Ogygie se trouve près de Gibraltar, mais l’équipage d’Ulysse semble bien avoir été englouti par Charybde qui est bien dans la région). Le chateau,  illuminé la nuit, c’est féérique. Nous avions jeté l’ancre juste sous ses remparts après une petite nav musclée (25 noeuds avant de se mettre à l’abri). Nous sommes allés jeté un coup d’oeil à la marina qui se trouve de l’autre côté du cap. Elle est bien ensablée et garnie d’herbes. Mais il semble qu’ils entretiennent un passage, de grands voiliers y sont au repos…

8éme étape : La GRECE

01/10 Du Castella (Italie) à Kassiopi (Grèce)  149,8 Mn mouillage gratuit. PORT gratuit

Après 10 jours immobilisés à Catanzaro, les  hommes étaient pressés de partir vers la Grèce. Une fenêtre de 24h semblait ouverte… Tout a bien commencé par une navigation tranquille avec un petit vent de travers sympa après un petit calme entre 9 et 10h.  Vers 20h, le vent est passé au sud comme prévu et nous poussait à 14 noeuds. Mais au fur et à mesure de la nuit, la perturbation qui ne devait se marquer que le lendemain en fin de matinée, a pointé son nez. Le vent a continué à monter. Nous étions au grand largue et 25 noeuds étaient supportables, même avec une mer qui se formait très nettement. Vers 4h du matin le vent a tourné à l’Est. Vent de travers de 30 à 35 Noeuds, mer croisée avec une houle de 3 à 5m. Nous avons réduit les voiles à une peau de chagrin et mis le moteur en appui pour mieux négocier les vagues. Comme des imbéciles nous n’avions pas replié le bimini et ce n’est pas avec 35 noeuds de vent que nous pouvions espérer le replier sans casse. Nous avons été très content de la solidité de la construction par  la Sellerie Marine à Sète. Il a parfaitement résisté sans aucun problème.

Les vagues nous ont beaucoup ralenti. Malgré le moteur, nous tenions à peine les 3 noeuds. Nous aurions pu faire demi-tour pour rejoindre Santa Maria di Leuca. Mais nous n’arrivions pas à communiquer avec Michel et nous étions très anxieux pour lui. Nous ne voulions pas le laisser tomber.

A l’aube nous sommes passés entre les îles Othonoi et Mathraki. Le passage entre Mathraki et l’île de Corfou, hérissé de gros rochers ne nous paraissait pas très sûr avec ce vent et cette mer. Pendant la nuit nous nous contentions de maintenir le bateau souplement dans sa direction. Mais le jour naissant nous avons pu jouir de la vue des hautes vagues qui déferlaient de toutes part et du bateau qui les traversaient en se couchant sur l’eau… Très sportif. Quand nous sommes passés de l’autre côté de l’île de Corfou, entre l’île et l’Albani, malgré que le vent soit toujours aussi fort, la mer s’est bien apaisée et cela devenait une ballade plus enivrante. Arrivé dans la baie de Kassiopi, bien à l’abri nous avons piqué un sacré roupillon. Le lendemain, en visitant ce charmant village, nous nous sommes aperçus que nous aurions pu entrer dans le petit port de l’autre côté du cap. Entièrement gratuit. Mais pas d’eau ni d’électricité. Il y a foison de restaurants, supermarchés, banques etc… Nous y avons gouté quelques plats locaux délicieux dans le soleil, la mer miroitante et les hautes montagnes d’Albani en face, leur sommet perdu dans une brume d’altitude… Un rêve !

Kassiopi

Nous y avons attendu Michel quelques jours avec anxiété. Il s’avère qu’il s’est laissé porté par le vent et les vagues et qu’il a atterri en Albani 56 Milles plus au nord… Ouf ! Il a dû en baver avec son 8 m car il est arrivé quelques jours plus tard à Corfou avec une belle hernie.

04/10 De Kassiopi à Corfou (Grèce)  11,9 Mn PORT gratuit

Dans ce bras de mer entre l’île et la côte c’est un vrai plaisir de naviguer. Bon c’est vrai nous avions plutôt un vent de face pour aller à Kerkyras (Corfou) mais c’est un vrai lac. Mais quelle circulation de bateau de toutes sortes ! Depuis le paquebot jusqu’au canot de pêche en passant par tous les types de voiliers et vedettes moteur. Nous avions prévus de nous arrêté à la marina NAOK juste derrière la citadelle. C’est là que nous avons fait notre première expérience d’amarrage au quai avec une ancre à la place d’une pendille. Nous avons été surpris. Arrivés en marche avant (annexe sur ses bossoirs à l’arrière) nous avons dû faire les manoeuvres à la main avec notre ancre de secours à l’arrière.

Le port municipal est lui aussi gratuit, mais situé à la sortie des égouts de la ville, face aux monceaux de déchets déposés par la ville sur le quai, c’est assez immonde. Corfou est merveilleuse. Mais cette île a un vrai problème d’élimination de ses déchets. L’Europe lui a interdit d’ouvrir de nouveaux site de stockage des détritus mais aucune usine de retraitement n’a été prévue. Si bien que des monceaux de saletés s’agglutinent à chaque dépôts de déchets…

La marina NOAK est à 200 ou 300m du centre ville que nous avons parcouru en long et en large. D’abord pour faire nos démarches de déclaration d’entrée en Grèce avec visite à la capitainerie du port de Commerce qui est aussi la douane. Nous y avons eu le montant à payer (50 euros) et l’adresse du centre des Impôts. Le soir même nous passions aux impôts qui nous remettaient un document à présenter à une banque pour paiement. Le lendemain matin, nous entrions dans la première banque rencontrée et payons en espèce (pas de carte bleue acceptée) les 50 Euros demandés et nous retournions à la douane avec notre document validé pour faire établir enfin notre DEKPA. Mais juste au moment de retourner au bateau nous sommes arrêtés et conduits dans un petit bureau où nous est demandé une somme supplémentaire de 15 euros (?)…

Sinon Une très jolie marina se trouve au pied de l’ancienne Citadelle ou encore vous pouvez aller à Gouvia.

Bon si vous allez dans une grande marina, comme Gouvia ou Preveza, la marina se charge de toutes ces démarches.

Qu’avons-nous vu à Corfou ? « La maison qui parle » qui retrace la vie d’une famille aisée à la fin du 19 siècle, le château de Sisi Impératrice, la citadelle, son université de musique. L’apprentissage de la musique est gratuite à Corfou car toutes les fêtes sont animées par des « bandas » où une bonne partie de la population joue d’un instrument. Et surtout, se balader et partager avec les corfiotes leur alcool de kumquat et leur bière de gingembre.

10/10 De Corfou (Grèce) à Sivotas  21,1 Mn mouillage gratuit

Nous devions recevoir nos enfants qui arrivaient à Athène le 22 Octobre. Nous sommes bien vite partis. Un petit arrêt au sud de Sivotas dans une crique rocailleuse, puis départ au petit matin pour Preveza

11/10 De Sivotas à Preveza  38,7 Mn amarrage au quai municipal 8,40€ plus 5€ d’électricité et d’eau.

Nous y avons retrouvé un couple d’amis belge que nous avions rencontrés à Cartagène en Espagne l’année précédente. Ils passaient l’hiver dans la nouvelle marina de Preveza et leurs amis déposaient leur monocoque hors d’eau à la Cleopatra Marina.

Pourquoi Cléopatre ? Tout simplement parce que cette mer intérieure (le golfe combracique) a fait l’objet d’une grande bataille navale (Bataille d’Actium). Elle a opposé Octave (futur Empereur Auguste) le 2 septembre -31 av JC à Cléopâtre et Marc Antoine. Ces derniers perdirent ce que les historiens pensent être l’une des bataille navales les plus importantes de l’histoire peu après la mort de Jules César. Cette bataille mis fin à la guerre civile et aussi à la république romaine.

Nous en avons profité pour partir à la recherche des restes de la magnifique ville qu’Octave avait construit pour commémorer sa victoire : Nicopolis (Ville de la victoire). Il en reste un auditorium très bien conservé qui n’a rien à envier à nos auditoriums modernes dans sa conception. Les restes d’une grande villa romaine est aussi à visiter ainsi qu’un cirque, un théâtre… et le musée à quelques kilomètres est hyper intéressant. Nous avons fait tout cela par taxi pour 5 euros.

Une petite anecdote : quand on entre dans cette mer intérieure par un long canal creusé dans les alluvions nous subissons un courant de marée assez important. Le problème c’est que ce courant continue dans le golfe combracique. Notre maladresse à nous ancrer avant de nous amarrer à quai a fait que l’ancrage était un peu court. Nous en étions conscient et nous avons lancé notre seconde ancre pour nous sécuriser. Le fait est que le courant a délogé notre première ancre mise à mal par le vent et que notre bateau a commencé à dériver sur les autres voiliers. Pendant que nous tentions de relever l’ancre de secours qui ne nous retenait pas assez, elle s’est prise dans une autre chaine… Bref, la merde complète. Notre second amarrage à ce qu’il parait a été parfait. Nous avons appris qu’il fallait mettre plus de 40 m de chaine en dévidant tout ce qu’on avait le plus rapidement possible pendant que le bateau reculait (pour ne pas casser l’erre du bateau). Nous nous sommes amarrés puis nous avons repris la chaine pour la tendre … Depuis nous n’avons plus eu de problème. Ah ! Un petit truc ! Il est parfois malaisé de mesurer les 40 mètres jusqu’au quai. Maintenant je trace un trait sur la carte GPS (le compas sur Navionics) à 40m du quai (quand je fais la route) et le barreur me donne le top quand on passe dessus… Juste à tous les coups.

14/10 De Preveza à Vathy  26,8 Mn amarrage au quai municipal gratuit

Navigation charmante : 5 milles jusqu’au canal de Lefkas. Nous sommes arrivés pile à l’ouverture du pont tournant et le bateau s’est promenés dans la campagne un peu comme en Hollande. Juste à la sortie du canal, le golfe de Dépano offre un espace de régate idéal avec une multitude de bateaux qui jouissaient du vent et de la nature. Arrivés à Vathy (île de Meganisi), nous avons juste eu la place de notre bateau. En saison il vaut mieux arriver très tôt. Sinon il faut se résoudre à aller dans les criques aux alentours en mouillant près des côtes et en lançant un bout pour s’amarrer à un arbre ou une roche sur la berge.

Si vous y allez, sachez que c’est le boucher qui a la clé pour l’eau. Nous avons eu la chance que le bateau qui nous précédait n’ait pas consommé son quota… Nous avons fait de belles ballades sur cette île. Nous recommandons.

16/10 De Vathy à Petalas  19,7 Mn mouillage dans la baie de Spilia gratuit

Partis d’un village charmant et urbanisé, nous avons passé la nuit dans une baie totalement sauvage. Pas un bruit, pas un humain. Seuls les poissons volants nous ont tenu compagnie.  Quelques clochettes au loin nous rappelait que des chèvres se nourrissait sur l’ile de Petalas. Un dépaysement total.

17/10 De Petalas à Missolonghi  25,3 Mn mouillage dans la baie  puis amarrage au quai 8 €

Encore un site enchâssé dans les alluvions. Nous y accédons par un long canal que l’on prend en pleine mer. Attention, on ne voit les balises que lorsque nous sommes dessus.

Nous avions d’abord mouillé au milieu de la petite baie. La marina est indisponible suite à des démêlées juridiques. Le fond est assez profond, plus de 8 mètres. Mais pour y arriver le canal est assez étroit et joliment bordé de petites maisons de pécheurs sur pilotis .

Le 18/10 nous partions pour passer Patras vers l’île de Trizonia. Les conditions atmosphérique données par Météo Consult semblaient favorables… Et nous nous sommes trouvés avec 25 Noeuds de travers dès le passage de la bouée sud vers le cap de Messolonghi. Nous avons fait demi-tour.

Cette fois-ci nous nous sommes amarrés à quai, les personnes que nous avions vu la veille n’ayant rien payé.

Nous sommes repartis le 20, mais le 19, un samedi, un responsable est passé et a fait payé ceux qui étaient encore à quai normalement 10 € mais nous avons négocié les 2 jours pour 16 euros soit 8 euros par jour.… Avis aux amateurs. Il y a de l’eau mais pas d’électricité.

Le village est vraiment sympa. Et en prime nous avons vécu l’arrivée d’un énorme cargo qui a déchargé des fûts d’éoliennes d’une impressionnante longueur… Spectacle garanti. Inutile de dire que son amarrage était déjà un spectacle. Il n’avait pas la place de manoeuvrer et c’est un petit bateau pilote qui l’a poussé, tiré jusqu’à ce qu’il puisse enfin s’amarrer…

20/10 De Missolonghi à Trizonia  36,8 Mn amarrage au quai 8 €

Nous avions attendu des prévisions les plus favorables… Nous nous sommes encore plantés. Il semble que Météo Consult ne soit pas la meilleure station pour le sud de l’Italie et la Grèce. Les prévisions ont été fausses presqu’à chaque fois… Nous nous sommes engagés dans le passage vers Patras avec un vent qui devait être assez faible et nous avons eu 30 Noeuds de face. Il nous restait plus qu’à louvoyer avec une aide moteur. Heureusement la mer n’a pas la place de se lever. Le passage du pont est impressionnant. Nous avons appelé le pont par VHF pour demander à quelle arche nous devions nous présenter… 2 à gauche 3 à droite, nous répondit-on. Rappelez à 1mille du pont ! (en Anglais bien sûr)

Imaginez : 30 noeuds de vent de face, une cinquantaine de bateaux qui faisaient une régate d’un bord à l’autre, des ferries qui nous coupaient la route et la nécessité de trouver la bonne arche… rien que du plaisir. Les marins que nous avons interrogés nous ont dit que c’était toujours pareil même par beau temps…

Enfin arrivé à Trizonia nous avons été accueillis par les serveurs des restaurants du port qui, en nous aidant à nous amarrer, nous faisaient l’article… et un délégué de la mairie vient pour encaisser son écot. A Atalayoun, on nous avait conseillé d’hiverner dans cette île. A Kassiopi on nous avait conseillé de voir un peu plus loin… En fait ce port était gratuit jusqu’à cet été. Il avait été laissé à l’abandon avec quelques épaves coulées dans le port. La Mairie de l’île a décidé de reprendre les choses en main. Ils ont fait enlever les épaves et commencent à mettre le port en valeur (eau et électricité devraient être mis en place pour la saison prochaine). On nous a demandé 8 € après négociation. Pas d’eau ni d’électricité pour l’instant sauf un robinet en tout début de quai. Par contre des restaurants délicieux et des bateaux taxi pour nous emmener quand on veut sur la côte…

21/10 De Trizonia à Galaxidi  20,1 Mn amarrage au quai 8 €

Nous avons donc continué sur Galaxidi. Charmant village touristique. Les gens sont adorables et leur petite communauté, quand on commence à se faire connaître, est très accueillante. Nous allons finalement y passer l’hiver pour 175€ par mois pour 5 mois eau et électricité compris (dont 30% de remise pour paiement d’avance). La Mairie à part prélever leur taxe ne fait absolument rien à partir du 1er Novembre. Mais Costa, la caverne d’Ali Baba du plaisancier, est là pour nous aider pour tout problème. Ses prix sont particulièrement intéressants et ses idées lumineuses. Par contre il est préférable de s’amarrer au plus près de la halle pour se protéger du vent d’Est, seul vent qui apporte de la houle désagréable.

28/10 De Galaxidi à Itéa 4 Mn amarrage au quai gratuit

Nous voulions tout de même voir comment était ITEA. C’est une ville plus importante avec des grands magasins. Le port est bien protégé, mieux qu’à Galaxidi. le quai municipal semble être gratuit. Tout au moins on ne nous a rien demandé malgré que nous soyons passé à la capitainerie pour connaître le prix de l’hivernage. Prix identiques qu’à Galaxidi si nous voulons essayer d’avoir une place sur les pontons avec eau et électricité (ce qui n’est pas évident). Par contre possibilité de mise au sec pour 50 euros par mois. Mais le levage par camion grue semble être assez onéreux. Il nous a semblé très froid, loin de cette convivialité que nous avions trouvé à Galaxidi. Nous sommes repartis pour Galaxidi.

Hivernage à Galaxidi

Voilà, pour nos amis tout le détail de nos pérégrinations de cet été. Depuis nous avons loué une voiture avec un autre plaisancier et nous avons commencé à explorer la Grèce et plus particulièrement le Péloponnèse. Delphe, Corinthe , Epidaure, Mycènes, Olympie… des lieux mythiques pleins de surprises de d’enchantement. Nous y voyons partout vivre nos ancêtres et la source de notre civilisation.

Et le temps ? Et bien c’est quand même plus froid qu’à Atalayoun. Nous sommes aux pieds du mont Parnasse qui est déjà couvert de neige. Quand le soleil donne (ce qui est le plus souvent le cas, heureusement) nous avons facilement 20° mais nous avons eu une nuit avec du vent du nord  descendant des montagnes avec seulement 4 degrés… Ce qui ne nous a pas empêché le midi suivant de partager un repas entre voisins au soleil dans le cockpit. Il y a bien des coups de vent parfois, nous avons en ce moment 30 noeuds d’Ouest, mais apparemment rien ne bouge…

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Nous pouvons aller à Athènes par le bus ou partout où nous le voulons en Grèce. La location de voiture ou de vélos électrique est facile, les promenades sur la côte et dans la montagne sont passionnantes … oui, pour l’instant, nous sommes bien à Galaxidi…

A bientôt les amis.